Chidaoba, les racines du Judo en Géorgie, paru dans l’Esprit du Judo

CHIDAOBA, les racines du Judo en Géorgie

Dossier spécial Géorgie, Esprit du Judo Août 2009

EN 1932, SEPT ANS AVANT QUE M.KAWAISHI DÉCERNE LA PREMIÈRE CEINTURE NOIRE FRANÇAISE (1939), LA RUSSIE COMPTE DÉJÀ 165000 JUDOKAS, DÉVELOPPE PAR VASILY OSHCHEPKOV, UN ORPHELIN ÉLEVÉ À MOSCOU ET FORMÉ AU KODOKAN, CE JUDO PRÉCOCE SERA CONSTAMMENT ALIMENTÉ PAR LES SPÉCIFICITÉS DES LUTTES ISSUES DE TOUTES LES RÉGIONS DE L’EMPIRE SOVIÉTIQUE DONT LA CHIDAOBA GÉORGIENNE.

La Géorgie fut rapidement l’un des centres du "judo" Soviétique et ses combattants parmi les premiers et les plus nombreux à intégrer l’équipe nationale, essentiellement sur la base de leur système de lutte ancestrale.
Comme dans les autres systèmes de lutte, c’est la tenue portée qui dicte le champ technique utilisable. Ainsi la lutte (Kures) des cavaliers Kazakhs aux jambes puissantes, qui se pratiquait avec une saisie obligatoire à une main sur l’adversaire a occasionné un grand développement des fameux kata-guruma "russes", tandis que la gulesh d’Azerbaïdjan, qui se pratiquait torse nu avec ceinture et pantalon long, a développé arrachés et saisies aux jambes.
En chidaoba, le pantalon est très court et les lutteurs portent une veste sans manche très échancrée tenue par une ceinture. Du coup, les lutteurs de chidaoba cherchent une saisie revers pour trouver un point de fixation fort sur le tissu avec l’autre main. La veste du judo leur permet une saisie à la manche qu’ils exploitent selon le même principe, comme un point de fixation pour monter l’autre main.

UNE MAIN AU REVERS, L’AUTRE CROISÉE PAR DESSUS L’ÉPAULE

C’est le système de base du "kumikata" géorgien tandis que le judo japonais a développé une saisie revers-manche qui permet de contrôler l’ensemble du partenaire, de prendre de la distance pour des techniques véloces et explosives avec une science extrême du déséquilibre, en chidaoba on s’attache à fixer un seul coté pour affaiblir le potentiel de mouvement et de réaction adverse et sans craindre des postures très latéralisées avant d’attaquer dans les directions que permet cette saisie. La main qui passe par dessus l’épaule ne cherche pas forcément la saisie sur le tissu, trop souple, de la veste traditionnelle, mais un véritable verrouillage du bras lui même.