L’ART DU JUDO par Kyuzo Mifune (10ème dan)

, par Robert

L’ART DU JUDO

de Kyuzo Mifune (10ème dan)
L’art du Judo a été publié en mai 1957 dans la revue officielle du KDN

Sans aucun doute « l’art du Judo » compose la base du Judo. Le but de la pratique du Judo est le développement complet de trois éléments relatifs :

-la méthode de l’éducation physique,
-la méthode de faire un combat,
-et la méthode de purifier l’esprit.

Mais cette éducation physique, où a-t-elle trouvé son origine et par quel moyen s’est-elle développée ? C’est par l’art.

Parce que l’exercice de la technique devient par lui-même l’éducation physique ; l’art occupe la position la plus importante en pratique du Judo.
C’est pourquoi le maître doit rechercher l’art avec une ardeur extrême et le transmettre.

En enseignant le Judo sans interruption, j’ai été beaucoup intéressé par « l’art » et je l’ai recherché de toutes les manières, en imaginant l’aspect de cet art. Je suis arrivé à la conclusion que l’art n’est pas du tout mystérieux, mais qu’il est le plus ordinaire.
Quand un homme avance merveilleusement dans une technique, le monde l’appelle «  expert » et il applaudit son art comme extraordinaire.

Mais l’art est très ordinaire et ce sont les hommes qui ne le comprennent pas qui sont extraordinaires. Je pense que toute chose extraordinaire existe dans cet ordinaire.
Alors ici une question surgit : qu’est ce que l’ordinaire ?
Par ordinaire j’entends le plus légal, c’est-à-dire respecter, se soumettre précisément à la loi en connaissant la cause et l’effet.
Aussi on pourra dire que l’ordinaire signifie la légalité et la rationalité.

L’art est acquis par l’exercice technique de la théorie, recherchée rationnellement et scientifiquement.

On pourrait dire aussi que l’art est recherche de la vérité la plus directe exprimée dans le mouvement de l’homme. Ici le caractère psychologique le marque fortement. En tout cas, l’art doit être recherché scientifiquement et théoriquement jusqu’au bout et exercé avec le corps lui-même. En répétant cet exercice, on peut obtenir quelque chose de vénérable dans les deux domaines de l’esprit et du corps. Ce quelque chose de vénérable signifie au fond « se parfaire soi même ». Autrement dit, la recherche et l’exercice de l’art mènent directement au perfectionnement de soi même. On peut rendre service à la société ou à l’état comme un membre de cette société.De plus on peut contribuer beaucoup aux rapports internationaux.

C’est ainsi que l’art est extrêmement important et sans lui le Judo n’a aucun sens. Chacun doit y songer en pratiquant.